Albert Samain

Heures d'été

Au Jardin de l'infante

III

 

Lune de cuivre — Parfums lourds…

Comme des lampes sous un dôme

Les astres brûlent ; l’heure embaume ;

Les fleurs dorment dans le velours.

 

L’âme en langueur des jardins sourds

Exhale d’étouffants aromes.

L’eau des porphyres polychromes

Dans les bassins pleure, toujours.

 

Nulle ombre de feuille qui bouge…

Seule, ta lèvre éclate, rouge,

À la flamme du haut flambeau ;

 

Et tu sembles, dans l’air nocturne,

Dure et fatale comme l’urne

Impénétrable d’un tombeau.