Alphonse de Lamartine

L'immortalité

Méditations Poétiques

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Je te salue, ô mort ! Libérateur céleste,

Tu ne m’apparais point sous cet aspect funeste

Que t’a prêté longtemps l’épouvante ou l’erreur ;

Ton bras n’est point armé d’un glaive destructeur,

Ton front n’est point cruel, ton œil n’est point perfide,

Au secours des douleurs un Dieu clément te guide ;

Tu n’anéantis pas, tu délivres ! ta main,

Céleste messager, porte un flambeau divin ;

Quand mon œil fatigué se ferme à la lumière,

Tu viens d’un jour plus pur inonder ma paupière ;

Et l’espoir près de toi, rêvant sur un tombeau,

Appuyé sur la foi, m’ouvre un monde plus beau !

[...]