Paul Verlaine

Ô triste, triste était mon âme

Romances sans paroles

Ô triste, triste était mon âme

À cause, à cause d’une femme.

 

Je ne me suis pas consolé

Bien que mon cœur s’en soit allé,

 

Bien que mon cœur, bien que mon âme

Eussent fui loin de cette femme.

 

Je ne me suis pas consolé,

Bien que mon cœur s’en soit allé.

 

Et mon cœur, mon cœur trop sensible

Dit à mon âme : Est-il possible,

 

Est-il possible, — le fût-il, —

Ce fier exil, ce triste exil ?

 

Mon âme dit à mon cœur : Sais-je

Moi-même, que nous veut ce piège

 

D’être présents bien qu’exilés,

Encore que loin en allés ?