Iwan Gilkin

L’Amour dans les larmes

Éteins, ô cœur en feu, ta flamme et ton délire !

Tu rêvais le bonheur ? La souffrance est ton lot.

Le ciel ne t’a donné qu’un éternel sanglot :

Où brûle plus d’amour, saigne plus de martyre.

 

Ah ! qu’importe le mal aigu qui me déchire

Comme les fers glacés de mille javelots

Et qu’importent mes pleurs qui coulent à longs flots ?

Je veux aimer ! L’amour dans les larmes m’attire.

 

Toi, de qui les chers yeux font tant pleurer mes yeux,

Toi, qui très doucement m’as exilé des cieux

Où mon âme à ton âme était naguère unie,

 

Jusqu’au dernier soupir tu peux me torturer :

Mourant, je bénirais encor mon agonie,

Car je ne puis, hélas ! cesser de t’adorer.