Iwan Gilkin

Sérénade

Connais-tu la forêt de l’Ardenne, où Shakspeare

Au fond des noirs halliers fait, ainsi que des fleurs,

Éclore de très doux sonnets ensorceleurs

Afin que Rosalinde en passant les respire ?

 

Au ciel d’or, le soleil comme une rose expire.

La cascade sourit tendrement sous ses pleurs

Et, dans l’ombre peureuse aux fuyantes couleurs,

Pour bercer le silence un rossignol soupire.

 

C’est l’heure des baisers et des troublants aveux

Étouffés sous les flots moelleux des longs cheveux.

Viens ! dans l’obscur taillis les champignons phalliques,

 

Malades, blêmes, mous et si passionnés,

Répandent d’écœurants parfums cadavériques

Qui forcent Satan même à se boucher le nez.