Marie Krysinska

Sérénade

Joies errantes

La Nuit câline se berce, comme dans un hamac

Une fille des chaudes contrées,

Et, de ses mains ouvertes,

Tombe le précieux opium de l’heure.

 

La cohorte brutale des soucis

Est en déroute

Sous le pur regard de la Nuit.

 

Plus rien d’hostile ne se mêle

À la sérénité des choses assoupies ;

Et l’âme du poète peut croire

Retrouvé le pays promis à ses nostalgies ;

Le pays à l’égal charme doux —

Comme un sourire d’amie, —

Le pays idéal, où

Plus rien d’hostile ne se mêle

À la sérénité des choses.