Alphonse de Lamartine

Milly ou la terre natale

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Là ma cendre, mêlée à la terre qui m’aime,

Retrouvera la vie avant mon esprit même,

Verdira dans les prés, fleurira dans les fleurs,

Boira des nuits d’été les parfums et les pleurs ;

Et quand du jour sans soir la première étincelle

Viendra m’y réveiller pour l’aurore éternelle,

En ouvrant mes regards je reverrai des lieux

Adorés de mon cœur et connus de mes yeux,

Les pierres du hameau, le clocher, la montagne,

Le lit sec du torrent et l’aride campagne

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