Anonyme
Quand le stylo stoppe
je reste là,
la main immobile sur la page,
la bouche ouverte sur un mot.
Un mot que personne n'entendra.
Qui ne sera jamais écrit.
Qui restera entre ma main
et le blanc du cahier.
J'ai beaucoup de ces mots.
Des tiroirs pleins de peurs.
Des carnets commencés
à la troisième page.
J'écris parfois avec le doigt
sur la buée de la vitre.
Des mots qui durent dix secondes
puis s'effacent tout seuls.
La peur de l'encre
et de la buée aussi
les mots restent là
ronds et lourds comme des pierres.
Comment les aider
à retomber
sur le papier ?