Marie Huot

Mirage Lunaire

Le Missel de Notre-Dame des Solitudes

De la lune tombait sur les dômes du Caire,

Inondant à mes pieds le quartier musulman,

Un jour lacté pareil aux nuits crépusculaires

Splendissant l'été bref du sombre Groënland.

 

Et dans cette clarté mystique, — funéraire

Et telle en son linceul une vierge dormant, —

Apparut sous la neige une ville polaire,

Nid carlovingien de pirates normands ;

 

Mirage de wiking venu sur quelque cygne,

Une branche de houx panachant son cimier,

Jadis, suivant la chaude et lumineuse ligne,

 

Et qui, s'étant un soir assis sous les palmiers,

Écoutant une voix lointaine sous son heaume,

Au bord du Nil pleura, le menton dans ses paumes.