Albert Lozeau

L'horloge

À côté d'une horloge haute

Qui marque la fuite du temps,

Sans un écart, sans une faute,

Depuis des ans, des ans, des ans ;

Qui, dans le sommeil des demeures

Veille, et d'un balancier égal

Compte pour nous la mort des heures

A tout petit bruit de métal :

Une jeune fille est assise,

Comme triste d'entendre aller

Le temps de sa marche précise,

Sans jamais, jamais reculer -

 

Car la vieille horloge cruelle,

En son langage bref et franc,

Lui dit que le temps d'être belle

Passe, comme l'heure au cadran -