Alfred Abousleiman
Cendres chaudes
Le vent bruit. Tu dors frérot. Et moi, presque homme,
Je veille en rêvassant, ton harmonieux somme.
Frérot, tu seras homme et moi serai-je vieux ?
Tes yeux vont se rouvrir. Tu fermeras mes yeux.
Le vent bruit ; tu dors frérot. Souris et rêve.
Tu ne sais pas encor que l'existence est brève.
Ton âme pure avec ton corps va s'assoupir.
Ton cœur ignore jusqu'au chagrin d'un soupir.
Que j'aime frérot ! Le vent bruit... Je t'aime,
Candide et beau dans la grâce de ton baptême.
Ne te réveille pas. Je vais, très doucement
Toucher tes petits doigts et pleurer un moment.