Watson Charles
Constellations des ruines
de mes mains
j’ai appris à remuer la terre fragile
à donner aux hommes
de la beauté
des marchands aux yeux
noués d’étoiles
des fleurs sur nos tombes
comme des paroles humaines
ton image
est faite de pluies
et de nuits pleines de blancheur
de nos silences
nous acceptons la défaite
coulant dans nos veines
telles des larmes sur nos joues
j’arracherai ta vie
aux mains du soleil
comme je fus autrefois
m’oubliant moi-même
dans la terre craquelée
te rappelles-tu
nos voix sous les décombres
le ciel avait ce jour-là
la couleur triste de tes yeux
et le soir tombait comme
des morts tombés du ciel
te rappelles-tu
ne me rappelant plus les angoisses
que seules tes lèvres pouvaient apaiser
tous mes mots
ne sont que la souffrance de l’autre
des paroles barbelées
des vies recroquevillées dans la poussière
par toi
naît le nouveau souffle
le corps en spirale
le temps qui s’arrête
tel un cheval au galop
par toi
le monde se défait
de ses pierres éclatantes
de ses saisons qui s’achèvent
sans laisser de réponse
la nuit toujours soif
de tes yeux éclatants
tel un reptile gigantesque
- et le temps
dans la froideur des saisons
- voici que surgit le feu des étoiles
et ses innombrables défaites