Alfred Abousleiman
Cendres chaudes
Suis-moi. Je ne sais pas ce que nous dirons.
Mais les mots seront purs, qui nous viendront sur l'heure.
Nous lui présenterons notre cœur qui se leurre.
Nous lui dirons : "Voici ce cœur plein de frissons
Qui rêve et n'ose... et pleure".
Nous lui dirons peut-être, aussi, qu'elle est très belle
Et que nous avons peur de son regard très doux ;
Que nous voudrions bien embrasser ses genoux ;
Notre amour est timide, et notre âme, si frêle !
Qu'elle ait pitié de nous.
Lorsqu'elle aura souri à notre ingénuité,
Nous reviendrons, rêvant, haletant dans le vide,
Magiques, trébuchant dans les cailloux, livides
Grouillants de bruits confus, éblouis de beauté,
Étonnés, intrépides...
Puis le temps sur notre âme esquissera ses rides...