Marie Huot
Le Missel de Notre-Dame des Solitudes
En l'ultime saison des roses expirantes,
Quand les reines devant l'implacable miroir
Se sentent l'âme triste et humble des servantes,
En voyant leur jeunesse et leur beauté déchoir;
Nue, en la sombre alcôve aux colonnes d'acanthes,
La belle des Valois, dans le fier nonchaloir
Des déités d'Olympe, écoute, souriante,
Le premier lai d'amour d'un page en velours noir.
— Son âge?... Ah! demandez à Vénus immortelle! —
Les rois et leurs dauphins vous diront qu'elle est belle,
Que son baiser fait dieux ceux qui l'osent cueillir:
Car le philtre d'amour est philtre de jeunesse,
Et celles-là, toujours, demeurent des déesses
Qui font aux cœurs naïfs l'éclair divin jaillir!