Auguste Brizeux

Souvent je me demande

Marie

Souvent je me demande et je cherche en tout lieu

Ce qu’est Dieu sans l’amour, ou bien l’amour sans Dieu.

Aimer Dieu, n’est-ce pas trouver la pure flamme

Qu’on crut voir dans les yeux de quelque jeune femme ?

Dans cette femme aussi n’est-ce point ici-bas

Chercher comme un rayon du dieu qu’on ne voit pas ?

Ainsi, ces deux amours, le céleste et le nôtre,

Pareils à deux flambeaux, s’allument l’un par l’autre :

L’idéal purifie en nous l’amour charnel,

Et le terrestre amour nous fait voir l’éternel.