Alphonse de Lamartine

Souvenir

Méditations Poétiques

[...]

Non, tu n’as pas quitté mes yeux ;

Et quand mon regard solitaire

Cessa de te voir sur la terre,

Soudain je te vis dans les cieux.

 

Là, tu m’apparois telle encore

Que tu fus à ce dernier jour,

Quand vers ton céleste séjour

Tu t’envolas avec l’aurore.

 

Ta pure et touchante beauté

Dans les cieux même t’a suivie ;

Tes yeux, où s’éteignoit la vie,

Rayonnent d’immortalité !