Nina de Callias

La tête de cire

Feuillets Parisiens

Dans l’étalage chic de mode et de coiffures,

Où ruissellent les ors vivants des chevelures,

Une tête de cire au sourire vainqueur

Apparaît, captivant et les yeux et le cœur.

Par un infernal truc, le bandeau se soulève

Sur un front dénudé ; la blonde fille d’Ève

N’est plus qu’un monstre chauve avec son crâne nu ;

Le bandeau redescend et l’ange est revenu…

On passe en emportant dans l’âme une détresse,

Et l’on s’en va maussade, aimant moins sa maîtresse.