Adolphe Hardy
Mai. L’azur est profond. L’air est doux. Que de choses !
Les champs sont pleins de nids et de floraisons roses.
L’œil des pervenches rit dans les taillis mouillés.
Un bruit de baiser tinte emmi les prunelliers.
Chaque fil de la vierge est un collier de perles :
La linotte s’en pare et dit bonjour aux merles.
Un immense sourire emplit l’ombre. On dirait
Qu’une flûte invisible erre dans la forêt
Et que Dieu, pour bénir l’encensoir vert des branches,
Fait neiger du ciel clair des milliers d’ailes blanches.