Louisa Siefert

Jalousie

Rayons perdus

Ah ! toi, l’indifférent, tu souffres à ton tour :

L’angoisse t’a mordu, les peines sont venues ;

Tu trembles & tu crains en attendant le jour,

Et la nuit te remplit de terreurs inconnues.

 

J’ai vu luire en tes yeux, par un brusque retour,

Des larmes, jusque-là vainement retenues ;

Et toi, qui ris de tout, toi, qui ris de l’amour,

Pour sonder l’avenir tu regardes les nues.

 

Tout n’est donc pas mensonge en nos maux ici-bas,

Que tu subis aussi, toi, dont le cœur la nie,

De la loi de douleur la sanglante ironie ?

 

Et tu peux donc aimer, toi, qui ne m’aimes pas ?

Mais quel déchirement qu’une telle pensée,

Dans ma blessure encor, quelle épine enfoncée !