Charles Leconte de Lisle

Jeunesse, amour, beauté

Jeunesse, amour, beauté, fleurs célestes et frêles,

Vous dont l’éclat si doux et si tendre est, hélas !

Si pareil à celui des roses d’ici-bas,

Qu’une aube vous fait naître et mourir ainsi qu’elles…

 

Oh ! pourquoi vers les cieux ouvrir sitôt vos ailes ?

Doux oiseaux, pourquoi fuir, au seul bruit de nos pas ?

Restez, restez encor, ne vous envolez pas !

Il est une âme pure, ô mes roses si belles,

 

Dont vos parfums légers voilent le front charmant,

Un cœur plein d’harmonie et de grâce idéale,

Qui garde vos reflets en son regard aimant ;

 

Jeunesse, amour, beauté, guirlande virginale,

Faites la terre belle à ses candides yeux,

Et qu’un ange, un moment, daigne oublier les cieux !