Auguste Lacaussade
O calme des sommets, calme du firmament,
Qui dans les cœurs troublés versez l’apaisement,
Calme des bois profonds où de la tourterelle
Le roucoulement vague au chant des eaux se mêle ;
O ravine, ô cascade, ô murmure berceur,
Des fleurs et du feuillage, ambiante douceur ;
O repos émanant des choses, chaste ivresse
Que connût autrefois ma pensive jeunesse
Quand, promenant mon rêve en ces rochers déserts,
J’écoutais dans mon cœur chanter l’esprit des vers ;
Solitude sereine et digne de la Muse,
Faite de brise et d’ombre et de lueur diffuse ;
Flottantes visions de mon pays lointain,
Beaux lieux, ô lieux si doux à mon heureux matin,
Vallon, étang placide aimé de l’hirondelle,
Qu’évoque avec amour le souvenir fidèle,
Bercez dans mon esprit que la vie a blessé
Les troubles du présent des calmes du passé !